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Et si nous arrêtions vraiment ?

Pourquoi cette mobilisation ?

Chaque jour, les structures de solidarité et de santé du champ de l’économie sociale et solidaire accompagnent des personnes âgées, en situation de handicap, en précarité, des enfants et des familles… Elles créent du lien social, font vivre les territoires, y compris les plus isolés, et innovent pour répondre aux besoins. Elles emploient des centaines de milliers de professionnels et mobilisent autant de bénévoles engagés au service de l’intérêt général.

Le secteur privé non lucratif représente 2 points de PIB et porte 85 % des structures accueillant des personnes en situation de handicap, près de 80 % des établissements de protection de l’enfance, près d’un tiers des Ehpad et près des deux tiers des services de soins infirmiers à domicile.

Pourtant, depuis plusieurs années, notre réseau alerte les pouvoirs publics sur – la dégradation de la situation financière des structures gestionnaires du champ de l’économie sociale et solidaire ; – les difficultés croissantes liées à la pénurie des métiers de l’humain et à leur manque d’attractivité ; – l’écart qui se creuse entre l’augmentation des besoins et les moyens accordés aux politiques de solidarité et de santé.

Pour la première fois depuis des décennies, les financements publics consacrés aux solidarités sont en baisse, alors même que la pauvreté atteint des niveaux historiques. Les chiffres rendus publics par l’Uniopss le 28 septembre en témoignent : en 2025, une structure employeuse du champ de l’économie sociale et solidaire sur deux a perdu des financements ; un quart des établissements médico-sociaux disposent de moins de 45 jours de trésorerie, et 10 % de moins de 6 jours ; 60 % des structures du champ de l’économie sociale et solidaire constatent une hausse du turnover.

Ces difficultés se retrouvent dans tous les territoires et dans tous les secteurs, avec des conséquences concrètes et des risques croissants pour les personnes accompagnées, leurs proches, les professionnels et les bénévoles.

Les établissements et services ont absorbé les crises successives et transformé leurs organisations, parfois au prix de choix difficiles. Cette capacité d’adaptation a atteint ses limites. Si nous nous mobilisons, c’est pour pouvoir continuer à faire ce que nous savons faire : accompagner, prévenir, innover et construire des réponses au plus près des personnes. Le calendrier rend cette mobilisation nécessaire maintenant.

Les projets de loi de finances et de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 vont déterminer une partie des moyens consacrés aux solidarités pour l’année à venir. L’examen du projet de loi de finances débute au Parlement le 13 octobre : la semaine de mobilisation s’ouvre à la veille de ce débat. La pré-campagne de l’élection présidentielle est par ailleurs engagée : nous entendons peser dans le débat public jusqu’à cette échéance, afin que les solidarités et le rôle des structures du champ de l’ESS y occupent toute leur place.

Nous ne pouvons plus continuer à assurer nos missions d’intérêt général dans les conditions actuelles dégradées. Il s’agit de montrer ce que deviendrait notre société si les structures du champ de l’économie sociale et solidaire n’étaient progressivement plus en capacité d’assurer les missions qui leur sont confiées.

Aux ACT de Savoie, si nous arrêtions vraiment, ce serait :

  • 58 personnes en situation de précarité sans accompagnement dont 31 personnes malades et 27 accompagnants ;
  • 42 personnes à la rue y compris des enfants et des personnes avec des pathologies graves ;
  • 12 emplois supprimés.

Vous pouvez signer la pétition pour soutenir le mouvement à  Pétition · ET SI NOUS ARRETIONS VRAIMENT ? – France · Change.org