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Depuis quand distingue-t-on « bons » et « mauvais » pauvres ?

« La traditionnelle bipartition entre « bons » et « mauvais » pauvres, qui irrigue les sociétés occidentales depuis la fin du Moyen Âge, a été la matrice d’une longue série de catégorisations et de préjugés sur les pauvres, adossés à des réalités montées en épingle (scandales, faits divers), des peurs et des replis, mais aussi et surtout des méconnaissances des réalités et, in fine, des constructions politico-économiques délibérées.

Cette bipartition croise deux critères fondamentaux : la localité et la vulnérabilité.

Les « bons » pauvres sont tout à la fois ceux d’ici (du village, de la paroisse ; puis au fil de l’élargissement de l’espace, du département, du pays, du continent…) et prouvant leur incapacité à travailler (enfants, personnes âgées, malades, handicapés).

Inversement, les « mauvais » sont ceux d’ailleurs (il suffisait, originellement, d’être du village d’à côté), donc renvoyés vers les secours de leur communauté d’origine ; et ceux qui, par leur âge (adulte) et leur absence (apparente) de vulnérabilité sanitaire, relèvent en théorie du travail mais qui, pourtant, ne travaillent pas. Or dans une société, dont les membres sont interdépendants, chacun est tenu de contribuer, dans la mesure de ses forces, au bon fonctionnement du tout. […]»

La question du regard biaisé porté sur les plus démunis est sans doute aussi ancienne que la pauvreté elle-même. La volonté de lutter contre les préjugés, voire les discriminations, est en revanche beaucoup plus récente. Pourquoi ? Qui en sont les acteurs ? Et sous quelles formes opèrent-ils ? Autant de questions auxquelles l’historienne Axelle Brodiez-Dolino tente de répondre dans un article Pauvreté : lutter contre les préjugés et les discriminations pour la revue #Dièse que vous pouvez retrouvez en cliquant ici

 

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