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Prostitution des mineurs : chiffres alarmants, nouvelles méthodes et un plan national pour 2021

Les chiffres sur la prostitution des mineurs, avec une hausse de 70 % en cinq ans selon des données du ministre de l’intérieur, sont préoccupants et montrent un essor important. Le secteur associatif comptabilise lui entre 7 000 et 10 000 jeunes se prostituant. Pour répondre à cette problématique, une enquête a été réalisé et un rapport a été remis au secrétaire d’État à la Protection de l’enfance. Un plan national pour lutter contre cette pratique est prévu pour l’automne 2021.

Ce phénomène concerne des enfants et adolescents aux profils sociodémographiques hétéroclites. Il s’agit très majoritairement de filles âgées de 15 à 17 ans, mais aussi de garçons, français ou étrangers, parfois très jeunes, et issus de groupes sociaux variés. Le rapport note que la plupart de ces jeunes se trouve dans une période de vulnérabilité ; en rupture familiale, en période d’errance (fugue ou rejet de la cellule familiale) ou avec une addiction et souffrant de carences affectives et/ou éducatives.

La prostitution juvénile a longtemps relevé d’une économie de survie, liée à la pauvreté. On assiste aujourd’hui à une activité facilitée grâce aux nouveaux moyens de communication. L’utilisation de certains termes enjolive la pratique et tend à minimiser la résonance péjorative du mot prostitution. Cela contribue à banaliser les conduites prostitutionnelles tant par certains professionnels que par ceux qui la pratiquent (lover boys, escort-girls, sugar daddy, sugar baby, michetonneuse).

Les jeunes se prostituant ont du mal à se reconnaitre comme victime. Un jeune sur deux voit un aspect positif de la prostitution avec en premier lieu et de loin, l’autonomie financière que cela engendre. Viennent ensuite la réponse aux besoins d’affection et d’attention, le sentiment de reprendre le contrôle de sa vie, appartenir à un groupe et enfin être considéré comme un adulte. 

En France, un phénomène s’est développé dans les grandes villes depuis 2015 : le proxénétisme de cité, défini comme « l’exploitation sexuelle de jeunes femmes mineures ou majeures en grande précarité économique, sociale, éducative, en rupture familiale par des délinquants originaires de cité ». Ce phénomène toucherait plus de 85% des mineures victimes de proxénétisme en 2020 selon le service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (SIRASCO).
Les réseaux dont font partie ces jeunes (lorsqu’il y en a), sont des organisations souvent mobiles et éphémères qui complexifient à la fois le repérage et les possibilités de démantèlement.

Pour faire avancer les choses, les conclusion du rapport préconisent d’agir sur six axes :
la définition d’un cadre de gouvernance national et territorial, à l’échelle du département,

le déploiement d’une politique de prévention primaire ambitieuse en direction des enfants, des adolescents et de leurs familles,

l’amélioration du repérage des situations d’exploitation sexuelle des mineurs,

l’amélioration du traitement judiciaire et de l’accompagnement éducatif des mineurs,

la mise en œuvre d’une politique de formation interdisciplinaire et à l’attention de tous les professionnels,

le renforcement de la protection des mineurs sur internet et les réseaux sociaux,

En assurant une action dans la durée, en cohérence, avec la mobilisation de l’ensemble des acteurs, professionnels et associatifs.

Rapport du groupe de travail sur la prostitution des mineurs, Juin 2021

Synthèse du rapport du groupe de travail sur la prostitution des mineurs, Juillet 2021

Protéger les enfants et les adolescents de la prostitution, Observatoire National de la Protection de l’Enfance, Avril 2021

Les associations l’Amical du Nid et l’ACPE, Fil santé jeunes et le site internet Je ne suis pas à vendre.org peuvent vous apporter une aide, une écoute et des réponses à vos questions.