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Réduire les inégalités sociales de santé, des concepts à l’action

La Société Française de Santé Publique vient de publier un numéro spécial de sa revue, consacré à la réduction des inégalités sociales de santé. 

Editorial par Thierry Lang 

La parution d’un numéro spécial consacré aux inégalités sociales de santé (ISS) est une bonne nouvelle. Elle confirme l’inscription de cette question sur l’agenda en santé publique et le dynamisme du sujet. Dans le moyen terme, il y a des raisons d’être optimiste. Depuis le début du siècle, les ISS ont été inscrites clairement sur l’agenda scientifique, puis dix ans plus tard sur l’agenda politique. Enfin la stratégie nationale de santé, en décembre 2017, inscrit la prévention, la promotion de la santé, la réduction des ISS et des inégalités territoriales de santé dans ses axes prioritaires.

Se passer des spécialistes des ISS

S’il faut saluer cette initiative, elle est aussi source d’interrogations. Le terme de numéro « spécial » renvoie à spécialité, donc isolat au sein de la santé publique. Aujourd’hui en France, les ISS sont considérées comme un problème parmi d’autres, confié des spécialistes ou des convaincus, qu’ils soient acteurs ou chercheurs, à l’origine de groupes de travail ou commissions dédiées. Pour la plupart des problèmes de santé publique, qu’il s’agisse du tabagisme, de l’exposition aux facteurs environnementaux, de la prévention biomédicale (dépistage, prise en charge des facteurs de risque…), le constat qui s’impose sur la prévention est selon les cas un échec assez large (le tabagisme) ou un succès relatif dans l’ensemble de la population (facteurs de risque, dépistages…). De façon très générale, cet échec est plus marqué en bas de l’échelle sociale.

Ce bilan conduit à changer de perspective et à reformuler la question « pourquoi des inégalités sociales de santé et que faire ? » de façon légèrement différente. La question pourrait être la suivante : « Pourquoi sommes-nous en échec partiel en matière de prévention et plus encore dans les catégories socio-économiques défavorisées ? ». La question étant formulée de cette façon, les ISS ne sont pas une affaire de spécialistes, mais une question de santé publique qui se pose à tous. Dans ces conditions, un programme ou une intervention de santé qui augmenterait les ISS devrait être considéré comme un échec.

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